mardi 12 mai 2009

Infidèle [2]

[...] décidémment, le rouge passion était à l'honneur ce jour-là!

Car la passion était effectivement débordante et moi aussi. Je sentais la cyprine innonder mon entre-cuisses pour aller s'échouer à travers le slip de dentelles choisi pour séduire cet imprudent Docteur.

On est en décembre et il fait un froid sibérien à l'extérieur. Je l'entends entrer mais je reste dans la cuisine au bout du corridor pendant qu'il retire bottes, manteau, tuque et mitaines. Je me fie aux sons puisque mes yeux n'y voient pas. L'hiver retiré de son corps, il s'avance et je m'avance vers lui. Sans un mot, nous nous étudions. Il a les yeux pétillants derrière ses lunettes d'intello, les cheveux fous, un visage un peu enfantin qui me fait sourire intérieurement. Je m'attendais à rencontrer un homme, un "Docteur", quelqu'un qui dégage assurance et autorité. Il a plutôt l'air d'un jeune homme malgré ses 39 ans récemment célébrés.

Je m'approche, il prend son visage entre ses mains et m'embrasse. Pendant une fraction de seconde, je me demande ce que je fais là alors que Lui (l'Officiel) est chez nous, me croyant à l'université. Mais sa langue qui entre en contact avec la mienne me fait oublier les remords que je sentais poindre à l'horizon. J'ai pris une décision et j'entends bien l'assumer. Pour mon bien, pour le bien de ma vie sexuelle, psychologique et peut-être même amoureuse... Car je crois que cette aventure peut réanimer une flamme mourante; peut diminuer cette envie de partir qui me tenaille, cette exaspération que je ressens sans cesse en Sa présence.

Les mains de mon beau Docteur sont sur moi. Sur ma taille pour commencer puis elles débutent une exploration qui s'étendra à mon entièreté. Le baiser terminé, il me regarde dans les yeux, faisant grimper encore d'un cran ma nervosité.

- On est chanceux, on a même le droit d'utiliser le lit... dis-je, de manière un peu sotte, en lui pointant la chambre à côté de nous.

- Elle est vraiment chouette ton amie, il faudra la remercier.

La remercier? Sans doute. Mais je n'ai pas trop envie de penser à ma super-amie en ce moment. Ce sont plutôt ces lèvres qui me baisaient il y a un instant que je voudrais retrouver sur ma bouche...

Impatiente, je l'entraîne dans la chambre, vers ce lit qui me semble si grand qu'il me fait presque peur. Un océan de draps et d'édredon vers lequel je me dirige sans même une bouée de sauvetage. Heureusement, voilà mon docteur, expérimenté dans le domaine de l'infidélité (ai-je appris au cours d'une conversation "msnienne") qui prend le contrôle de la situation. Il m'embrasse de plus belle, plus fougueusement cette fois. Ses mains se font plus insitantes, plus précises. En fait, j'ai maintenant l'impression que ses mains sont partout sur mon corps et sans que je ne sache trop comment, je suis allongée dans la mer enserrée de ses bras.

- Ça va? demande-t-il, un peu d'inquiétude dans le regard.

Tant de sollicitude m'émeut. Qu'il est gentil ce docteur qui pense au bien-être de cette infidèle qui le reçoit chez sa complice! J'hoche de la tête et nos embrassades recommencent.

Je pourrais narrer ici toute cette après-midi de volupté. Ce sentiment d'abandon et de plénitude presque oublié pendant ces années de sécheresse oubliée. Cette excitation effrayée alors qu'il frappait mon arrière-train et mes cuisses alors que je le chevauchais. Ce sentiment d'être un peu pute lorsqu'il me retourna pour me prendre par derrière...

Mais ces événements sont, il me semble maintenant, à cent mille lieues de moi. Ils m'ont permis de comprendre que jamais plus je n'accepterais d'être privée de tout ça. Ils m'ont permis de trouver le courage de mettre un terme à ma "non-vie" et de vivre tout simplement. Une existence que je savoure maintenant comme un chat dont on vient d’ouvrir la cage de transport qui me permet d’explorer, d’avancer lentement le nez au vent pour savourer les effluves oubliées de la liberté, du flirt et de cette soif de vivre qui a été par trop longtemps ensevelie sous un tissus de concessions et de fidélité obligée. J’ai vogué sur un long fleuve tranquille pendant longtemps et je suis maintenant à l’estuaire qui me conduit vers le large.

Infidèle

Tout à commencé au détour de la vie. Une vie morne, une vie terne, une vie comme celle dont je n'ai jamais voulu. Enlisée dans une relation avenir mais sans fin; une fin annoncée, une fin souhaitée mais si souvent repoussée.

J'y suis restée: par amour, par amitié, par habitude mais surtout par peur. Peur d'être seule, peur d'être rejetée, peur d'avoir peur. Puis la peur s'est transformée. Transformée en rancoeur, en colère, en déception; transformée en regards ailleurs, en envies de vie, de séduction, de sexe et de luxures.

Le déclic s'est produit un matin en discutant avec une amie, une amie frustrée de son célibat et du désert sexuel qui lui était imposée. Empêchée de sortie par une petite fille de trois ans (la sienne), elle avait décidé d'arpenter les réseaux de rencontres Internet. Mon esprit de geekette fut séduit par la méthode que je cru invisible aux yeux de l'être à qui j'avais abandonné ma fidélité.

Rapidement inscrite, rédaction de la fameuse fiche avec une minutie étudiée afin de sortir de l'ordinaire et d'attirer le genre de personne que je souhaitais voir me courtiser, que je souhaitais séduire. Puis, je chassai. Des maîtres et des maîtrisants, des docteurs et des doctorants. Pourquoi ces diplômés? Parce que mon âme intellectuelle n'en pouvait plus de cette morne vie sans conversation, sans intellectualisme, sans cérébralité. Je cherchais un pairs pour m'aider à me sortir de cette morosité intellectuelle et sexuelle.

Quelques messages et jours plus tard, j'avais une proie. Rares sont les chasseuses sur ce genre de réseau. Elles attendent plutôt un Prince charmant qui leur enverront des fleurs animées sur un msn tant utilisé. Elles attendent un peu d'attention, que quelqu'un les remarque enfin, dans ce marché aux humains virtuel de la "séduction". Mais je ne voulais plus être déçue et c'est pourquoi je prenais les choses en mains...

Il était médecin, accomplit, chercheur, professeur. Il avait une femme qui n'avait plus de désir pour lui et c'était réciproque. La proie rêvée: il ne voulait pas détruire son mariage, je ne voulais pas quitter mon maigre confort de quotidienneté. Tout ce que je voulais, c'est baiser...

La rencontre se fit chez cette fameuse amie qui prêta gentiement son appartement pour l'occasion. J'y étais. Il devait frapper et seulement entrer. C'était convenu et se produisit ainsi. J'étais saoule d'excitation quand il arriva. Le souffle court, le rouge aux joues. Je portais mon chandail le plus sexy: un cache coeur rouge à pois blanc cachant plutôt mal un soutien-gorge noir à fleurs rouges... décidémment, le rouge passion était à l'honneur ce jour-là!

[à suivre]

Souvenirs du Plateau

Prendre un bol d'air nocturne fait partie de mes plaisirs. En ville, les rues ont toujours une certaine animation, surtout sur une petite rue transversale près de St-Denis. Des amoureux se tenant par la main, des solitaires marchant rapidement pour rejoindre leur logis, des petits groupes bruyants avinés... Et puis ceux qui fument une cigarette (comme moi) ou un joint devant leur appartement.

Il est là, dans son appartement à vaquer à ses occupations. Je l'ai remarqué dès que je suis arrivée dans ce logis transitoire, invitée par ma soeur et accueillie par cette tribu de jeunes qui sont maintenant mes colocs. Il habite l'appartement de l'immeuble situé en face. Beau, urbain, l'air indépendant. Les lumières de son appart sont toujours allumées quand il s'y trouve, laissant découvrir sa vie à ses voisins par les nombreuses fenêtres donnant sur le salon et la cuisine. Célibataire? Peut-être. Aucune fille seule n'a été vue avec lui jusqu'à maintenant. Pourtant, il reçoit quantité d'ami(e)s. Surtout des amiEs.

Ce soir, après un de ses soupers, il fait la vaisselle en dansant. La musique semble entraînante et la tâche ne pas trop le rebuter. Je continue à le regarder tout en souriant en le voyant faire des pas de danse et tournicotter son linge à vaisselle. Puis, je rêvasse. Et s'il me voyait aussi? Et si à me voir le regarder ainsi il sortait sur le pas de sa porte pour m'inviter à monter chez lui? Irais-je? Certainement!

Ouvrir une autre bouteille, que pour moi... Parler, discuter, rire aux éclats. Je minauderais, parlerais trop comme à toutes les fois où je suis gênée et mal à l'aise par les premières rencontres. Yeux doux, effleurements, conversation animée puis plus intime.

- Pourquoi as-tu accepté de monter chez un inconnu?

- Parce que j'aime les inconnus.

C'est vrai que j'aime les iconnus. Je me surprends toujours à les vouloir, à les désirer. Pourquoi? Je cherche encore... La nouveauté? Peut-être... En cette ère d'instantanéité, ça ne serait pas surprenant.

La vaisselle terminée, il disparaît. Je le vois arpenter le corridor et se rendre au fond de l'appartement en retirant son chandail. Une bouffée de chaleur m'envahit. C'est qu'il me fait de l'effet cet inconnu dont je connais un peu d'intimité!

Ma cigarette est terminée, mais je reste sur le balcon malgré les moins vingt degrés celcius qui doivent être affichés sur les thermomètres de la ville. J'attends, quelques minutes passent, j'ai les doigts gelés et les joues en feu, mais il ne revient pas... Un peu déçue et allumée, je retourne dans la chaleur de mon foyer, pour terminer de lire une incroyable nouvelle de Marie Gray...

mercredi 6 mai 2009

je tarde...

Je sais... le temps me manque :( Espérez encore... dès que l'été univeristaire sera mien, je vous reviendrai. Plus que quelques jours...

dimanche 3 mai 2009

Silence, études, (poly)amour et passion!

Oui je garde le silence depuis des semaines. Non, je n'ai pas cessé mes activités débridées. Vous l'ignorez, parce que je ne dévoile de moi ici que mes expériences coquines et mes fantasmes, mais je fais partie de ces étudiantes qui réchauffent les bancs universitaires. Mais pour atteindre mes objectifs scolaires (devenir une bibliothécaire cochonne ou, encore mieux, une professeure pour laquelle les étudiants auront quelques pensées à confesser tout bas), je dois travailler et délaisser certaines activités bouffeuses de temps, telles qu'écrire ici...

Pour couronner cette période mouvementée de fin de session, voilà qu'il m'arrive quelque chose de merveilleux: l'amour et la passion ont forcé ma porte. J'ai rencontré quelqu'un de ma race, un amoureux aimant l'amour à qui je voue une passion débordante depuis un mois. Le polyamour a de nouveau croisé mon chemin, plus "sérieusement" cette fois, d'une manière plus facilement applicable... Poly quoi?! Me direz-vous? J'ai (à nouveau et enfin) rencontré une personne merveilleuse pour qui le fait d'aimer ne signifie pas s'emprisonner dans une exclusivité qui ne m'a jamais convenue mais que je respectais justement par convenances... Un nouveau mode de vie menant à des aventures roquanbolesques, à une liberté presque sans bornes si ce n'est la communication, le respect, la passion et les sentiments.

Mais sans plus tarder, laissons place à ce qui vous intéresse ici: le récit d'expériences, de pensées débridées.

lundi 23 mars 2009

Amerloque

Rencontré un Américain sur un réseau de rencontre... Il est jeune, beau, riche, plein d'avenir. C'est lui qui m'a contacté le premier. Intriguée par une fiche vide et une absence de photo, je lui ai répondu sans trop d'attentes. Messages échangés sur messagerie instantannée. Il est intéressant et intéressé par plus que mon buste ou mon sourire. On a discuté, un peu en anglais, un peu en français.

Puis il me propose un massage... Pourquoi pas? me dis-je. Je suis fourbue d'avoir transporté des boites et l'offre est si bien faite. Mais bon, je ne peux pas aller chez lui comme ça. Les rencontres sur internet ont ça de moche: il faut un peu de prudence. Je lui offre donc un verre. Il accepte. Il vient me cueillir près de chez moi. Nous discutons en chemin et ensuite devant un verre. Encore une discussion en fran-glais. Il est vraiment beau! Loin de ce que je suis habituée dois-je dire. De descendance Italienne et de mère Autrichienne, il a le regard profond, les cheveux foncés et il transpire le sexe! Mince, musclé, il me plaît.

Le verre terminé, il me demande si nous y allons. Le massage est encore au programme? Évidemment, avec plaisir me répond-il, un sourire aux lèvres. Nice! je suis décidémment contaminée par l'Amerloque!

En chemin, il me pose des questions sur la fameuse fiche:

- You wrote something about submission, right?

Yes, I do... et la discussion devient un peu plus sexuelle qu'auparavant. Qu'est-ce que j'aime? Qu'aime-t-il?

- My fantasm it to have a blow job in car...

Il se détache, regard appuyé. Vais-je le faire?

- You know, I'm a princess and je vaut bien mieux qu'une voiture...

Il étend le bras et commence à masser ma nuque, tire mes cheveux. C'est bon, je sais que je vais flancher. Ses mains sont chaudes, son regard me dévore. À chaque fois que mon regard croise le sien, je perds un peu de ma principauté et je sais que je serai à ses genoux bientôt.

Heureusement, il y a de l'espace: il conduit un van de livraison (d'aucuns appellent ce genre de véhicule un panel). Quand il est arrivé un peu plus tôt, j'ai justement pensé à ce film québécois où une femme se fait violer sauvagement (dixit Mourir à tue tête) et j'ai eu un peu peur... Mais je n'ai plus peur maintenant. Tout ce que je veux, c'est d'avoir sa queue dans ma bouche.

Je n'y tiens plus. Je retire mes chaussures, détache ma ceinture de sécurité et m'agenouille à côté de lui. Pendant ce dépouillement podiatrique, il a détaché sa ceinture, et baissé son pantalon et sous-vêtements; assez pour réaliser son fantasme. Excité, je prend son sexe bandé dans ma bouche. C'est doux, excitant, passionnant. Je glisse le entre mes lèvres, doucement d'abord puis de plus en plus profondément.

- Oh yeah, like that, deeper! Yeah baby, that's wright...

Il s'enfonce de plus en plus profondément dans ma bouche, dans ma gorge. C'est bon, c'est chaud, c'est doux: j'adore. Puis il me caresse. Les fesses tout d'abord et il fait glisser sa main vers mon sexe en passant entre mes fesses. Je n'en peux plus, je veux qu'il me touche! Sans arrêter de le sucer et de l'enfoncer profondément en moi, je détache mon pantalon à mon tour afin qu'il ait accès à mon corps. il glisse sa main vers mon sexe et atteignant sont but:

- Oh yeah, nice pussy... juicy...

Bien sûr! Je suis excitée comme une puce! Il s'attendait à quoi?!

Je me tiens sur un genou, l'autre pied par terre pour qu'il ait accès à moi pendant que je réalise son fantasme. Il tire sur mes cheveux et pousse ma tête pour donner le rythme. Ça fait longtemps qu'on roule, qu'on tourne, qu'on arrête à des feux de circulation. Je sais très bien que nous ne sommes pas en route vers chez lui: trop de route, trop longtemps. Mais je suis tout de même désorientée, j'ai le tournis après tous ces virages. Mais je continue, encore et encore au son des "oh god, oh yeah baby" car je veux réussir ce que j'ai commencé.

Il va jouir, je le sais. Le goût salé est déjà présent dans ma bouche. Je le suce encore plus farouchement, plus profondément, plus vite.

- Oh yeah, I come. I want you swallow it all.

Bien sûr que je vais tout avaler! J'en ai tellement envie! Et ça vient enfin. Il jouit; pas silencieusement. Il aime ça et ça s'entend. Je pose enfin mes deux genoux sur le sol, les muscles de la jambe droite en feu, le sexe également. Je reprends ma place côté passager. On est bien loin de chez lui, bien près de chez moi...

- On ne va pas chez toi?

- Non, te souviens-tu, je t'ai dit qu'un ami était à la maison un peu plus tôt? Quand je suis arrivé chez moi, il était encore là, j'ai vu sa voiture...

- Yeah wright! C'est le monde à l'envers, c'est lui qui me parle en français et moi en anglais!

- Non, je te le dis, c'est vrai...

- Alors tu viens chez moi?

- Non... on va rester sage pour le premier soir...

Quoi?! Merde! Je vais encore me faire laisser en plan! Quelle poisse!

Je lui indique le chemin pour me ramener chez moi. Devant ma porte, j'ai droit aux bêtes bisous sur les joues...

- Je t'écris cette semaine, on se verra pour finir ce qu'on a commencé... Merci, t'es vraiment excitante...

Merci?! Ouf! Presqu'une insulte! Mais oh combien excitante!

Je descends du véhicule, étourdie de route, son goût dans la bouche, le coeur au bord des lèvres en me demandant si finalement, je ne suis pas vraiment la pute que je me sens incarner...

mardi 17 mars 2009

Silence...

Désolée pour ce long silence... Aussi tôt commencé, aussitôt arrêté vous êtes-vous dit? Non point. C'est que la vie tumultueuse d'une "déménageuse" me prend temps et énergie. J'ai "replogué" mon ordinateur seulement aujourd'hui. Il reste maintenant à s'installer pour vrai...

De retour le plus rapidement possible...